Coup de coeur pour ce texte d'Olivier Cabanel

toujours d'actualité...

ARRIVER  LE PREMIER...

AutVeyronpremierdelaclasse

Voici le grand spectacle

C’est celui de ta vie

C’est parfois la débacle

Parfois le paradis

Parfois la débandade

le grand n’importe quoi

Pour pas rester en rade,

fatalement on se bat

Arriver le premier

Le premier dans l’ovule

Pour bien le féconder

Tant pis si çà se bouscule

Un seul but dans la tete

Arriver le premier

Eviter la défaite

Tant pis pour le dernier

Arriver le premier

Le premier à l’école

La tête bien rangée

tu vises la coupole

Etre champion des maths

Et génial en français

Faut que çà les épate

Tant pis pour le dernier

Arriver le premier

Le premier au boulot

Estimé du patron

Gravir les échelons

Enfoncer tous les autres

Trahir, et balancer

Il faut franchir les portes

Tant pis pour le dernier

Le dernier est au fond,

tout au fond de la classe

Parfois il se morfond,

mais donnerait pas sa place

Contre tout l’or du monde,

et un prix d’excellence

Ou l’amour d’une blonde,

qui ferait vœux de silence

Près du radiateur,

il voit pousser les fleurs

Et voler les oiseaux,

il écoute son cœur

Il regarde passer la vie qui se prélasse,

Qu’il rejoindra bientôt,

des la fin de la classe

Moi j’aime les derniers

Tout ceux que l’on dépasse

Qui prennent le temps de rêver

Se promènent sans godasses

Les pieds en éventail,

à marcher dans le sable

Et croquent dans la vie,

comme des morts de faim

Moi j’aime les derniers

Pour qui le temps qui passe

Passe plus lentement,

passe plus tendrement

Qui prennent tout leur temps,

vivent chaque printemps

et le premier qui court

Arrive en même temps...

_l_ves_Doisneau

mais lui n’a rien compris,

au vrai sens de sa vie

il a juste couru

pour être le meilleur

il s’est juste battu,

il était dans l’erreur

le dernier dans la vie,

car il n’a rien compris

et quand le rideau tombe,

le rideau de sa vie

il emporte dans sa tombe,

ses succès de nanti

ses complots ses magouilles,

et ses prix d’excellence

son magot ses embrouilles,

dans le monde du silence